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mardi 28 décembre 2010

La video de la semaine : les problèmes ethniques en Côte d'Ivoire


Salutations à tous !!

-Bernard Lugan-

En cette fin d'année, nous pouvons constater que les troubles politiques en Côte d'Ivoire ne font qu'empirer. En effet, dernièrement, des violences ont eu lieu lorsqu' Alassane Ouattara a tenté de réunir son conseil des ministres dans le palais présidentiel alors même que légalement, c'est bien Laurent Gbagbo, malgré le déficit de légitimité le frappant, qui peut diriger le pays avec son gouvernement. Aussi, dernièrement, afin de persévérer, le candidat malheureux du RDR a appelé à la grève générale, ce qui n'a apparemment pas fonctionné. Ainsi, il ne reste plus que la solution du soutien international pour les nordistes soutenant Ouattara, qui tente de bloquer son adversaire en organisant un blocage diplomatique. La France, l'Union Européenne, les Etats-Unis...multiplient ainsi les ingérences, ce qui déplaît fortement à Laurent Gbagbo, qui n'hésite pas à parler de complot international visant à installer l'ancien premier ministre ivoirien au pouvoir. A cela s'ajoute également l'exportation du conflit en France : en effet, des partisans de Gbagbo ont manifesté leur indignation aux ingérences françaises, alors que des partisans houphouétistes ont manifesté devant l'ambassade. Voilà pour les dernières informations concernant la Côte d'Ivoire.
Quant à la video de la semaine, elle permet d'approfondir un point en particulier de cette affaire qui concerne les luttes ethniques en Côte d'Ivoire. Bernard Lugan, africaniste, nous y explique que les problèmes électoraux et politiques en Côte d'Ivoire ont une cause ethnique en particulier, car les frontières de cet état on fait du pays un véritable mosaïque propice à des affrontements récurrents... Il revient relativement loin dans l'histoire politique ivoirienne, ce qui permet de comprendre sa logique dans un cadre chronologique plus large. Il invoque une séparation en possible solution pour le pays.

A bientôt peut-être, pour la suite de la "série ivoirienne"

Vincent Decombe

mardi 21 décembre 2010

En route pour 2011.


L'année 2010 touche à sa fin.

Avant de faire place aux joyeusetés qui s’annoncent à l'approche des fêtes de fin d'année, traditionnellement (et ce depuis déjà la 2° année, puisque le blog fêtera son 2° anniversaire dès Janvier 2011), l'équipe d'Actualités et Intérêts fait le point sur l'année 2010 qui s'achève tout doucement.

En premier lieu, l'on peut constater que notre blog a quelque peu élargi son cercle de visiteurs (que nous remercions d'ailleurs tous chaleureusement), et ce par quelques efforts d'ouverture : nouveau nom de domaine, nouveau look, référencement et première page sur Google, groupe sur Facebook.

Ensuite, pour ne pas se cantonner à la seule année que vient de passer le blog, l'équipe des auteurs vous demande à tous de revenir brièvement sur un évènement ayant, selon vous, marqué l'année 2010 de son empreinte. N'oubliez pas d'exposer, succinctement, les raisons de votre choix.

Enfin, si vous avez une suggestion, une idée, pour améliorer encore davantage notre site internet, n'hésitez pas à nous en faire part.

Vous remerciant à toutes et à tous pour votre régularité et votre attention, permettez moi dès à présent de vous souhaiter, au nom de tous les intervenants du blog, de très agréables fêtes de fin d'année.

Rémi Decombe.

dimanche 19 décembre 2010

Retour sur l'affaire Zemmour.

-Eric Zemmour-


L'on se souvient tous de cette affaire, et des suites politiques et judiciaires qui en ont découlé par la suite.

En effet, sur le plateau d'une émission télévisée présentée par Thierry Ardisson, Eric Zemmour estime que la majorité des trafiquants de drogue en France seraient issus de l'immigration.
S'en est suivi une série de plaintes, de retraits, de demandes de licenciement du journaliste, de polémiques, de soutiens et de réponses interposées, le tout sur fond d'anti-racisme.

Il me semble qu'on ait beaucoup entendu la grande majorité des médias et des politiques sur la question, mais mon but n'est pas d'en révéler la teneur, aussi diverse que variée.
Le sens de cette vidéo de la semaine est davantage de rendre la parole à "l'accusé" pour ainsi dire, et ce par cette vidéo, aux fins, sinon de convaincre qui que ce soit sur la véracité ou l'exactitude de ces paroles, à tout le moins de lui accorder le droit d'exposer la façon dont il voit l'affaire dont il est le premier protagoniste.

A vous, ensuite, de peser le pour et le contre.

Complément d'information :

Rémi Decombe.




mardi 14 décembre 2010

Deuxième tour en Côte d'Ivoire : QUI a gagné ?


-Armoiries de la Côte d'Ivoire-

Bonjour à tous

Après avoir publié un article sur la situation politique à la veille du second tour des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, et avoir pris un peu de recul quant aux évènements qui ont suivi, nous nous devons de résumer la situation délicate dans laquelle le pays se trouve. Elle est pour le moins confuse et complexe et ce dès la fin du second tour. Comment la Côte d'Ivoire s'est-elle retrouvée dans la situation actuelle (avec un président sortant qui a fait une sorte de coup d'état) ? Quelles sont les réactions continentales et internationales face à la confusion et comment va t-on sortir de la crise ?

RAPPEL : le deuxième tour :

Après un premier tour dominé par le président sortant, Laurent Gbagbo, à la tête de sa majorité présidentielle du Front Populaire Ivoirien, la situation pouvaient paraître favorable au président. Mais il faut dire que l'opposition était divisée entre le RDR (centre-droit), dont le candidat Alassane Ouatarra (dit "ADO") était arrivé deuxième ; et le PDCI (droite) dont le candidat Bedie était distancé. Aussi cette opposition, s'est-elle reconstituée dans un front commun face à la majorité présidentielle. Konan Bedié avait lancé un appel à voter en faveur du candidat RDR au deuxième tour afin de faire gagner le camp des houphouetistes. Dès lors, avec le compte des reports de voix, on pouvait laisser augurer une victoire de l'opposition. Au fur et à mesure cette thèse semblait de plus en plus plausible et l'écart entre les deux tours (long de plusieurs semaines) a laissé monter la pression et la tension dans le pays.
Le 28 novembre a vu une participation moins importante que le premier tour, mais encore convenable.
A nouveau, la Commission Electorale Indépendante devait proclamer les résultats sous quelques jours.

LA CONFUSION :

Tout d'abord, il a fallu attendre les résultats, ou tout du moins des estimations. Les premières arrivèrent et montrèrent immédiatement la confusion qui régnait autour des résultats du second tour : en effet, certaines ont montré que Laurent Gbagbo était élu, alors que d'autres ont prétendu l'inverse. Ces divergences de tendance peuvent s'expliquer par au moins deux facteurs :
-l'inexactitude liée au fait que les premières estimations provenaient de résultats très partiels et surtout ne prenant en compte que certaines régions (or la géographie électorale est très déséquilibrée entre un nord qui vote ADO et un sud qui vote Gbagbo).
-la partialité des estimations, qui venaient parfois des partis eux mêmes, ou de leur organe de presse.

La confusion s'est accentuée le mardi suivant les élections : en effet, alors que la CEI doit annoncer les résultats, les journalistes sont renvoyés de la conférence et l'annonce des résultats officiels est repoussée. On peut penser à ce moment que des pressions ont eu lieu de la part des deux camps et surtout de celui du président sortant, qui nous le verrons, a pu profiter de cette situation. La contestation se fait dans les deux camps et Laurent Gbagbo demande l'invalidation des résultats dans plusieurs régions du nord.

L’INCOMPRÉHENSION :

Malgré cet incident, les résultats commencent néanmoins à se répandre et à se savoir. Ce serait le candidat de l'opposition, Alassane Ouatarra qui l'aurait emporté avec environ 54,1 pour cent des voix. Le camp opposé conteste les élections dans le nord et obtient leur invalidation lorsque le Conseil Constitutionnel (dirigé par un proche de Laurent Gbagbo) invalide les résultats de la CEI sous prétexte qu'ils ont été annoncé trop tard (seulement le jeudi suivant le deuxième tour) et nomme Gbagbo président de la République de Côte d'Ivoire. Ce dernier s'empresse donc de se faire reconnaître en tant que tel et prend rapidement ses fonctions. C'est alors l'incompréhension totale dans le pays. Des violences qui prolongent celles antérieures à l'annonce des résultats ont lieu.

RÉACTIONS INTÉRIEURS ET EXTÉRIEURES :

L'opposition s'organise alors, même si Gbagbo semble avoir rapidement scellé le sort de ces élections et du coup d'état qui s'ensuivit. En effet, Alassane Ouatarra s'autoproclame seul président élu démocratiquement et constitue un contre gouvernement. Il insiste sur sa légitimité pour faire contrepoids à la légalité de son adversaire. La situation est tendue et Guillaume Soro, premier ministre du contre gouvernement, entend mener des conseils des ministres et souhaite faire entendre raison à Laurent Gbagbo qui doit quitter le pouvoir. De même, l'administration doit selon lui désobéir au président afin de rendre son action politique impossible. Les résistances sont donc susceptibles de se développer. En plus de ce contre gouvernement, les Forces Nouvelles, le RHDP (Houphouetistes) et l'UPCI ont tenu une session extraordinaire afin de condamner les exactions de la "majorité" présidentielle. Même des artistes comme Tiken Jah Fakoly, appellent Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.
L'intransigeance de Gbagbo et la résistance croissante contre lui peuvent aboutir peu à peu à une résurgence de la crise.
Au niveau international, plusieurs chefs d'Etats ont appelé à respecter la voix du peuple, dont Nicolas Sarkozy. L'ONU a reconnu Ouatarra président de la république de Côte d'Ivoire, mais ne peut destituer Laurent Gbagbo. Dominique Strauss-Kahn a quant à lui déclaré qu'il ne coopérerait pas avec un président non légitime. L'Union Africaine a aussi appelé à respecter la décision populaire. La communauté internationale semble donc assez unanime face à cette question ivoirienne mais elle ne peut imposer un président à la Côte d'Ivoire. Elle menace la Côte d'Ivoire de sanction, ce que le gouvernement Gbagbo, par le biais de son ministre des affaires étrangères Alcide Djédjé, dénonce comme étant une tentative d'installation d'ADO au pouvoir. Gbagbo refuse les ingérences et prétend qu'Alassanne Ouatarra était aidé financièrement par les occidentaux (avec qui il a pu peut-être noué des relations, notamment au sein du FMI).

QUE VA T-IL SE PASSER ?

La situation semble bloquée donc : Laurent Gbagbo souhaite rester au pouvoir, la résistance s'organise, laissant présager que la tension va monter et qu'une guerre civile est tout à fait possible, d'autant que ce n'est pas la première fois que Laurent Gbagbo prolonge son mandat sans le soutien populaire (il l'avait déjà fait en 2005). Aussi les problèmes ethniques et religieux ne semblent toujours pas réglés. Ils semblent même au coeur du problème puisque le pays fut très divisé lors de ces élections : le nord musulman a voté en grande majorité pour le RDR alors que le sud chrétien a voté en majorité pour le FPI. Cela montre que la nation Ivoirienne, encore jeune et peu expérimentée à la démocratie, n'est pas complètement soudée et que, comme pour n'importe quelle démocratie, la stabilité ne viendra que d'un consensus populaire et national, au-delà même du vote. Et cela peut prendre plusieurs années voir plusieurs décennies. Pour ne citer que deux exemples, la France a connu près d'un siècle de révolutions avant de trouver une certaine stabilité démocratique, tandis que les Etats-Unis d'Amérique se sont déchirés moins d'un siècle après l'indépendance, lors de la guerre de sécession (Civil War) qui fut la plus meurtrière pour le pays.

Pour conclure, il faudra suivre attentivement les suites de ces élections, qui pourront être tragiques pour un pays qui espérait sortir d'une crise politique et militaire de prêt de 11 ans.


Vincent Decombe

SOURCES :