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lundi 26 décembre 2011

Il y a 20 ans : la chute de l'URSS

-Mikhaïl Gorbatchev, dernier chef d'Etat de l'URSS-


Continuons notre rétrospective des évènements importants de l’histoire. Après avoir traité des attentats du 11 septembre 2001 et de leurs conséquences sur l’histoire et les relations internationales, nous pouvons remonter en arrière en évoquant la fin de l’URSS le 25 décembre 1991 qui mettait un terme à l’épilogue de la guerre froide, dont les Etats-Unis d’Amérique sortirent ainsi vainqueurs. Comment se sont déroulés les évènements qui ont précipité l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques dans le gouffre ? Quelles en furent les conséquences à court et long terme ?

Une puissance sur le déclin dans un contexte de guerre froide :


A partir de 1980 le monde entre dans une nouvelle phase de la guerre froide nommée la guerre fraîche. Celle-ci est marquée diplomatiquement par une nouvelle tension des relations entre les USA et l’URSS du fait de l’élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis. Celui-ci souhaite inverser la tendance qui s’était dessinée dans les années 70, trop en faveur des soviétiques selon lui. Avec son slogan « America is back », il veut lutter contre ce qu’il appelle la gérontocratie. Son premier mandat fut particulièrement destiné au réarmement auquel un budget énorme fut consacré (entre autres pour le projet de « guerre des étoiles »). Son premier mandat est d’autant plus affirmatif qu’il a face à lui des dirigeants soviétiques vieillissants et malades : Andropov puis Tchernenko. Tout est fait pour essouffler économiquement l’URSS, dont le système politico-économique devient archaïque.

C’est dans ce cadre que Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985. Sa jeunesse (par rapport aux anciens dirigeants) et sa volonté de réformer l’Etat montrent un souhait de conciliation dénotant une première défaite (sur le long terme) du modèle soviétique face au modèle américain (qui lui est resté quasiment intact depuis le début). Toutefois cela permet une reprise des négociations avec l’Amérique de Ronald Reagan (par des nouveaux traités de désarmement), dont le second mandat est plus teinté de pragmatisme.

La tentative de sauvetage par Gorbatchev :


En plus d’une certaine tentative de conciliation d’un point de vue extérieur (pour laquelle il reçoit le prix Nobel de la Paix en 1990), Mikhaïl Gorbatchev souhaite réformer intérieurement l’Union Soviétique, surtout concernant le système politique et économique. Les deux grands chantiers de réformes sont nommés la Glasnost (transparence) et la Perestroïka (reconstruction) qui visent à entrer dans une économie plus puissante, à démocratiser le système politique et à limiter le budget de l’armement. Elles remettent en cause des principes fondamentaux du communisme soviétique en instaurant notamment la propriété privée (tout du moins en l’acceptant) et en accordant le pluralisme politique. Ainsi grâce à la première des deux réformes, la liberté d’expression grandit, des prisonniers politiques et dissidents sont libérés, la critique est possible tout comme les manifestations. Symboliquement, Mikhaïl Gorbatchev dénonce aussi publiquement les crimes de Staline et va donc plus loin que Nikita Khrouchtchev dans la « déstalinisation ». La seconde réforme se concentre elle sur l’économie et consiste en une restitution des terres aux paysans, à l’autorisation aux particuliers de créer des entreprises et de participer à l’économie, à la libéralisation de certaines activités de l’Etat, et à la libéralisation du système politique par la réforme de la constitution de 1977 (pluralisme, élections plus libres…).

L’échec de Gorbatchev :


Malgré les nouveaux engagements pris par Mikhaïl Gorbatchev, la situation en URSS ne s’améliore pas, surtout d’un point de vue intérieur. Cela vient à l’origine du contexte politique instable qui fait suite aux réformes. Celles-ci vont trop loin pour certains (des communistes conservateurs qui souhaitaient conserver les anciennes structures du parti et de l’Etat) mais ne vont pas assez loin pour d’autres comme Boris Eltsine, qui prend la tête de l’opposition progressiste. Ce contexte rend l’application des réformes et la position du chef de l’Etat difficiles. La corruption parmi les anciens du parti, l’inflation croissante, s’ajoutent au fait que rien n’a réellement remplacé l’économie planifiée, pas même un système capitaliste, comme l’ont adopté les chinois dans les mêmes années avec Deng Xiaoping. L’Union Soviétique est donc en état de ruine économique et de forte instabilité politique, ce qui favorise la tentative de putsch qui a lieu à Moscou le 19 août 1991. Ce sont les conservateurs du PCUS qui l’ont mené pour renverser Mikhaïl Gorbatchev et restaurer l’Union Soviétique. Créant un comité d’urgence, ils n’ont néanmoins pas écarté l’opposition qui réussit à s’appuyer sur le peuple (qui organisa une grève générale) pour faire échouer le coup d’Etat après deux jours. Gorbatchev retrouve sa place, mais il le doit à son opposition réformiste.

La dislocation progressive de l’URSS :


Tout se fait progressivement pour l’URSS. Sa dislocation n’est pas brutale. Ce démantèlement provient des républiques elles mêmes qui prennent peu à peu le pouvoir que l’URSS avait centralisé à partir de sa création en 1922. Dès juin 1990, le président du soviet de Russie, Boris Eltsine, démissionne du parti et déclare la souveraineté de la Russie. Le putsch raté de 1991 a aussi fragilisé l’URSS puisque ce sont les communistes conservateurs qui l’ont mené puis manqué, compromettant le PCUS qui est une structure fondamentale de l’URSS. Pendant l’automne qui suivit, les républiques se sont petit à petit proclamées indépendantes et ont laissé à la Russie le soin de récupérer des fonctions de l’URSS, qui devenait alors une coquille vide. Avait-elle encore une raison d’être ? Avait-elle besoin encore d’un président ? Plus pour longtemps, puisque le conflit d’influence politique entre les nouveaux états qui s’affirmaient (ou se réaffirmaient) et l’URSS était peine perdue pour cette dernière. Le 8 décembre 1991, ce sont les accords de Minsk, conjointement signés par les chefs de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie, qui annoncent la dissolution de l’URSS, officialisée par la démission de Mikhaïl Gorbatchev, devenu chef d’Etat sans Etat, le 25 décembre.

Pour marquer une certaine continuité de la proximité entre les 15 républiques issues de l’URSS fut créée la Communauté des Etats Indépendants, une entité intergouvernementale sans réel pouvoir de décision juridique.

Conséquences de la chute de l’URSS :


Tout d’abord, cette chute a permis à certains Etats de devenir ou redevenir indépendants vis-à-vis de la Russie, qui était la république la plus puissante en URSS. Cela a donc réintroduit dans cette vaste entité la question des indépendances. Les russes de leur côté ont éprouvés pour certains une nostalgie de l’URSS qui leur procurait une puissance politique mondiale. Aussi ont-ils eu du mal à se séparer d’états comme l’Ukraine. De leurs côtés, les autres républiques indépendantes ont pu s’organiser indépendamment de la tutelle russe. Cela a pu entraîné des relations houleuses avec la Moscou. La question des indépendances s’est exprimée d’une autre manière depuis : du point de vue de peuples réclamant leur indépendance à l’intérieur des nouvelles républiques (les Tchétchènes en Russie, les Ossètes du sud en Géorgie).

Ensuite, l’éclatement de l’URSS a remis en question la répartition des peuples. Sous un même état multinational, il était facile pour chaque peuple d’habiter dans une autre république, puisqu’elle était sous l’égide de l’URSS. Mais après 1991, beaucoup de peuples se sont retrouvés hors de leur Etat-Nation. Ainsi, 25 millions de Russes se sont retrouvées dans des nations étrangères (notamment en Estonie et en Lettonie) où des discriminations à leur encontre ont été faites. En Russie, le nationalisme s’est reconstruit en groupes politiques qui parfois, ont commis des violences raciales.

Concernant la coopération régionale dans le monde soviétique, elle se basa dès lors sur les nations en place. Les difficultés économiques ont forcé à la coopération économique (par la Communauté Economique Eurasienne) même si elle n’a pas permis le renouveau d’une union (pensé en 1994-95). La CEI fut une construction relativement morne jusqu’aux années 2000, le temps probablement, que la situation se stabilise et que les relations se normalisent.

Enfin, économiquement et politiquement, la chute de l’URSS a concrétisé et matérialisé le retard que n’a jamais pu rattrapé l’Union Soviétique sur l’occident. La transition vers l’économie de marché fut difficile dans toute l’URSS et sa zone d’influence politique (les anciennes démocraties populaires). En Russie, le moral de la population fut très affecté. Cela se ressent sur la démographie russe, qui fut très négative après la chute et ce pendant plusieurs années, malgré le retour au pays des russes de l’étranger. Tout cela a considérablement diminué l’influence de la Russie sur la scène internationale, ce qui a profité aux Etats-Unis, devenus un temps leader incontesté du monde unipolaire.

Conclusion :

La chute de l’URSS fut un évènement très important des dernières années puisqu’elle a touché une entité politique influente au cours de la seconde partie du siècle.

Cette chute est surtout intérieure, d’où le terme d’implosion souvent utilisé pour qualifier cette fin. Toutefois n’oublions pas que cette fin dura trois ans et trouve sans doute ses racines dès le début des années 1980. Si la fin est directement causée par des problèmes de réformes intérieures, elle a certainement des origines extérieures : l’URSS était en effet en recul face aux Etats-Unis dans la guerre froide (d’où la volonté de réformer).

Cette chute a eu des conséquences sur la géopolitique du monde soviétique et sur la géopolitique mondiale : elle aboutit à de nouveaux états en Eurasie et a permis la concrétisation du Nouvel Ordre mondial. Toutefois, la Russie, après avoir connus des difficultés, semble redevenir un Etat important dans le concert des nations, surtout dans un contexte nouveau de contestation de la toute puissance américaine et grâce à sa puissance énergétique. On peut se demander si la Russie, à l’avenir, ne va-t-elle pas assumer ce rôle de leader politique du contrepoids face aux USA, accompagnée peut-être de la Chine et de pays émergeants d’Amérique du Sud.

SOURCES :

-Les 1001 jours qui ont changé le monde.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_r%C3%A9publiques_socialistes_sovi%C3%A9tiques#Les_derni.C3.A8res_ann.C3.A9es_de_l.27URSS_.281985-1991.29

http://fr.wikipedia.org/wiki/Putsch_de_Moscou

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dislocation_de_l%27URSS

Pour en savoir plus : L’Histoire n° 369 : Novembre 2011.

jeudi 22 décembre 2011

2011, ANNEE HISTORIQUE

L’année 2011 qui s’achève fut riche en rebondissements. Tout commence le 14 janvier avec le départ de Zine el-Abidine Ben Ali, président de la Tunisie, après 23 ans de pouvoir sans partage, poussé à la démission par la révolte de la rue débutée le 17 décembre 2010 (après que Mohamed Bouazizi, vendeur de légumes ambulant de vingt-six ans, se fut immolé par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid pour protester contre son interdiction d’exercer son activité). Cette onde de choc va provoquer des émeutes en Egypte qui voit à son tour le président Hosni Moubarak quitter le pouvoir le 11 février après 30 ans de pouvoir. Les émeutes se propagent au Yémen, en Algérie, au Maroc, à Bahreïn… : c’est un véritable printemps arabe. La Libye connaît à son tour des émeutes dès le 13 janvier. Une guerre civile éclate, réprimée dans le sang par le Colonel Kadhafi qui utilise ses chars et ses avions pour écraser la rébellion. L’ONU, poussé par la France, vota une résolution autorisant l’intervention aérienne pour protéger les populations civiles. Les rebelles soutenus par l’aviation de l’OTAN (Anglais et Français et américains en particulier) firent chuter le régime du Guide libyen après 42 ans de règne. Ce dernier en fuite fut retrouvé le 20 octobre à Syrte et mourut dans des conditions encore troubles à ce jour.


Les manifestations continuent encore en Syrie et la répression a déjà tué 4000 personnes.

Un séisme a ensuite touché le Japon le 11 mars. De magnitude 9, il a provoqué un puissant tsunami qui a ravagé les côtes 600 kilomètres de la côte Est du Japon et causant la mort d’environ 16 000 personnes et 4 700 disparus (Courrier International, le 11 août 2011), Ce tsunami va provoquer l’ennoiement et l’arrêt des systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima. Les ingénieurs de la centrale provoquèrent l’explosion des structures externes des réacteurs afin de diminuer la pression à l’intérieur pour éviter une réaction en chaîne. Toutefois, la commission mise en place pour élucider les causes de la catastrophe pense aujourd’hui que ce serait les secousses qui auraient endommagées les tuyauteries du système de refroidissement (Le Monde du jeudi 8 décembre). Ces explosions dégagèrent des produits radioactifs dans l’atmosphère et un périmètre d’évacuation de 20 kilomètres autour de la centrale fut dessiné avec évacuation des populations.


Le 14 mai, un autre évènement secoue le monde : le président du Fond Monétaire International Dominique Strauss-Kahn est arrêté à New York pour agression sexuelle envers la femme de ménage Nafissatou Diallo au Sofitel où il avait réservé une chambre. Il passe même quelques jours en prison après sa comparution devant le juge Michael J. Obus sous les objectifs du monde entier. Il est finalement libéré sous caution le 19 mai mais démissionne de son poste de président du FMI, remplacé par Christine LAGARDE ministre de l’économie de la France. Les poursuites au pénal sont abandonnées le 23 août en raison de la perte de crédibilité de la femme de ménage.

Il a depuis regagné la France où il a pu voter aux primaires socialistes. Cet événement, une première en France, a vu le 16 octobre, après des semaines de campagnes, la victoire de François Hollande sur cinq autres candidats. L’originalité de ces primaires fut d’être ouvertes à tous les français sympathisants de la gauche inscrits sur les listes électorales. Elles ont rassemblé environ 2,7 millions de personnes au premier tour le 9 octobre et 2,9 au second le 16 octobre.

Cette année a aussi été dure pour l’Union Européenne mise à mal par la crise des dettes souveraines. La Grèce est entrée sous les feux des projecteurs en menaçant de faire tomber l’Euro et dont les dirigeants de l’UE ont dû annuler 50% de sa dette. Le problème semble pourtant « contaminer » les autres pays, puisque l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et même la France et l’Allemagne sont en difficultés croissantes avec un chômage important, des dettes qui gonflent, des taux d’intérêts qui augmentent et une activité économique qui ralentit. Cela semble motiver des volontés d’une Europe toujours plus fédérale et centrale par rapport aux Etats, ce qui n’est pas du goût des britanniques.

L’année 2011, a connu d’autres événements historiques la mort d’Oussama Ben Laden par une intervention américaine au Pakistan 10 ans après les attentats du 11 septembre, les deux mariages princiers à Monaco et au Royaume-Uni. On peut aussi parler de la guerre civile en Côte-d’Ivoire entre les partisans d’Allassane Ouattara et Laurent Gbagbo entraînant la chute de ce dernier avec l’aide la France le 11 avril. Consécutive à des élections censées stabiliser le pays, elle fut le témoignage d’un semi-échec pour la démocratie ivoirienne. Il a fallu une intervention peu discrète des français pour que Ouattara puisse s’installer au pouvoir à la place du président sortant, vaincu.

Ce n’est pas fini, je continue : entrée de la Palestine à l’ONU, naissance d’un nouvel Etat avec le Sud-Soudan le 9 juillet, les attentats meurtriers de cet été en Norvège, le basculement du Sénat à gauche.

Vous le voyez, cette année a donc été riche en événements historiques. Elle restera dans les mémoires. 2012 nous réserve sans aucun doute d’autres évènements d’une grande importance. En attendant, bonnes fêtes de fin d’année à tous !


Florian Thomas



lundi 12 décembre 2011

Le point sur les candidats à la présidentielle de 2012




Bonjour à tous

La présidentielle de 2012 commençant à pointer le bout de son nez, il serait de bon ton de faire un petit point sur les candidats qui comptent (avec plus ou moins de crédibilité) se présenter pour devenir président de la république.
Ce point est nécessaire, car les médias ne nous montrent qu'un certain nombre de candidats susceptibles de recueillir les 500 signatures, alors même que d'autres candidats existent.


Commençons par la droite :


Nicolas Sarkozy est bien sûr le candidat naturel de la Majorité Présidentielle. Il est président sortant et a remporté l'élection 2007 avec plus de 53 pour cent des voies. Il est sans doute le candidat le plus charismatique et le plus habile politiquement. Toutefois, son mandat ne fut pas facile : il a été un président contesté bien sûr par les oppositions (qui se sont multipliées), mais aussi au sein de sa propre majorité qui se fissure. Ainsi, comme en 2002, Christine Boutin tente l'aventure avec son Parti Chrétien Démocrate, nouveau nom de son ancien Forum des Républicains Sociaux. Elle tente de s'affirmer sur le créneau chrétien démocrate, conservateur social, mais ne semble offrir que cette originalité. Elle va probablement insister sur la lutte contre l'euthanasie. A l'intérieur de la majorité, nous avons également Dominique de Villepin. En opposition personnelle à Nicolas Sarkozy, il a créé son propre mouvement République Solidaire. Il apporte une tonalité très républicaine à son discours, qui se rapproche plus du centre-droit, avec une vocation sociale marquée. Certains diront qu'il souhaite simplement faire perdre Nicolas Sarkozy, d'autres y croient sans doute beaucoup. Il faut toutefois bien dire les choses : un certain nombre de ses fidèles ont intégré le gouvernement, y compris après la création du mouvement Villepiniste. A droite encore, Frédéric Nihous a aussi déclaré qu'il était candidat, malgré le fait qu'il se soit approché de la majorité après les régionales de 2010. Il avait réussi à se présenter pour Chasse, Pêche, Nature et Traditions en 2007 et renouvèle sa tentative sous la même étiquette pour 2012. En revanche, son allié des européennes de 2009, Philippe De Villiers (du Mouvement Pour la France) ne semble pas de présenter. Sur son créneau souverainiste et gaulliste, c'est plutôt Nicolas Dupont-Aignan qui sera à la chasse aux signatures. La sortie de l'euro, la réorganisation de l'Europe et la République et le gaullisme sont ses leitmotiv. Dans la même mouvance, mais bien moins médiatisé, Nicolas Stoquer est candidat pour le Rassemblement Pour la France.
A l'extrême droite, c'est bien sûr Marine Le Pen qui est candidate. Elle a gagné le parti de son père, qui avait accédé au 2nd tour en 2002, après son élection à la tête du Front National le 16 janvier 2011 face à Bruno Gollnisch. Sa ligne est eurosceptique, nationaliste, mais tente de moderniser l'image du parti de son père, de modérer certaines positions historiquement frontiste. Mais Marine Le Pen n'est pas la seule à l'extrême droite. En effet, Carl Lang bien moins médiatisé, se présente aussi avec son Parti de la France qui rassemble des dissidents au Front National. Il rassemblera peut-être aussi la Nouvelle Droite Populaire et le Mouvement National Républicain. Pour en terminer avec la droite, il faut aussi évoquer les noms de Patrick de Villenoisy, pour l'Alliance Royale (monarchistes) et d'Arnaud Gouillon, candidat du Bloc Identitaire.


Le centre ne s'unit pas :


Le centre représenté par François Bayrou en 2007 avait terminé en troisième position. Mais ce dernier, ne voulant pas participer à la majorité a vu don UDF se diviser entre le Nouveau Centre et le Mouvement Démocrate (qu'il a fondé). Des passerelles ont tenté d'établir un nouveau contact (comme l'Alliance Centriste de Jean Arthuis), mais en vain. Le centre ne parvient pas à s'unir. François Bayrou sera bien sûr présent. Il est légitime par son résultat de 2007 (18,57 pour cent), mais les résultats qui s'ensuivirent pour le MODEM furent mauvais. Ainsi, d'autres centristes, tentent leur chance, notamment ceux qui s'exilent quelque peu de la majorité présidentielle : si Jean Louis Borloo (du Parti Radical) n'a pas poursuivi, Hervé Morin semble lui décidé à représenter le Nouveau Centre en 2012. Corinne Lepage, malgré ses rapprochements avec les écologistes, va elle tenter sa chance avec son mouvement Cap21.
Malgré trois candidats, la sensibilité centriste semble être univoque : un certain européisme, une volonté plus ou moins grande de dépasser le clivage gauche-droite, des idées à la fois sociales et libérales. C'est sans doute l'ego qui dans cette histoire semble être privilégié.


La gauche, toujours plurielle :


A gauche, on retrouve le caractère pluriel, comme à chaque fois. Le Parti Socialiste est représenté par François Hollande qui a remporté les primaires socialistes contre Martine Aubry au second tour. Ségolène Royal, qui avait perdu en 2007, n'a terminé que 4ème est très émue de ces primaires. Le Parti Socialiste semblait très volontaire et uni autour de son candidat. Mais une tendance latente le perturbe quasi constamment : la division, le manque de chef, de personnalité marquante. François Hollande semble certes au-dessus, mais il a dû affronter d'autres de ses compères en primaire. Aussi, le Parti Socialiste a connu des perturbations lors de la dernière élection du premier secrétaire, à cause de l'affaire concernant Dominique Strauss-Kahn et même encore maintenant avec des affaires de corruption qui pourraient mêler des élus locaux socialistes. Ainsi, Arnaud Montebourg répand la discorde et sa troisième place aux primaires socialiste renforce le poids de sa discorde.
En 2007, Jean Pierre Chevènement avait soutenu Ségolène Royal. Ce n'est pas le cas cette fois ci : il retente l'expérience, comme il l'avait fait en 2002 (on l'avait accusé alors d'avoir fait perdre Lionel Jospin) avec sa ligne plus souverainiste, républicaine et jacobine que jamais.
Quant aux écologistes, ils semblent unis et solidaires derrières Eva Joly, élue lors des primaires écologistes. Elle représente le Mouvement Europe Ecologie Les Vertes, qui avait notamment percé aux européennes de 2009 et avait confirmé lors des élections suivantes. Il faudra compter sur elle à gauche, même si elle a encore du mal à s'affirmer dans son propre mouvement.
La gauche de la gauche est quant à elle incarnée par une homme de forte personnalité : Jean Luc Mélenchon. Ancien socialiste, il fut le créateur du Parti de Gauche et co-fondateur du Front de Gauche, qui associe son parti au PCF et à Gauche Unitaire. Il n'a cependant pas réussi à rassembler l'extrême gauche : Lutte Ouvrière sera représentée pour la première fois par Nathalie Arthaud et le Nouveau Parti Anticapitaliste sera représenté par Philippe Poutou, car Olivier Besancenot a renoncé à se présenter. A gauche, on retrouve aussi la candidature marginale de Marc Jutier pour le mouvement Fraternité Citoyenne.


D'autres candidatures, plus alternatives :


Nous avons également quelques candidats plus difficiles à classer dans le clivage droite-gauche. C'est le cas de François Asselineau, pour l'Union Populaire Républicaine. Il vise à rassembler autour de l'idée de sortie de l'Union Européenne, chose qu'il revendique être le seul à vouloir.
C'est aussi le cas de Jacques Cheminade, déjà candidat en 1995. Il se lance avec son mouvement Solidarité et Progrès, qui axe beaucoup sa réflexion sur la réforme du système financier et banquier.
Patrick Lozès, quant à lui, souhaite représenter la communauté noir, tout du moins la mettre en valeur par sa candidature. Il ne l'est pas au nom du Conseil Représentatif des Associations Noires.
Enfin, Maxime Verner tente sa chance, soutenu par l'Association des Jeunes de France et Christopher Guéna, du haut de ses 20 ans s'affiche avec l'Initiative Jeune en France (Société Nouvelle).


Il y a donc beaucoup de candidats à la présidentielle de 2012, et celle liste n'est peut-être pas exhaustive.
Toutefois, il faut souligner qu'un certain nombre de candidatures ne pourra pas aboutir à cause de la nécessité de réunir 500 signatures de maires et d'élus.


Vincent Decombe

mercredi 7 décembre 2011

En quoi ne sommes nous pas en démocratie ?

-Abraham Lincoln disait simplement : "La Démocratie est le Gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple".


Cette définition très connue livrée par le 16° Président des Etats-Unis est reprise à l'article 2 dernier alinéa de la Constitution Française de 1958.
D'un point de vue étymologique, le terme démocratie renvoie au pouvoir ou à la souveraineté du peuple en matière politique, (des termes de grec ancien Dêmos, peuple, et Kratos, pouvoir), c'est à dire dans la détermination des règles de droit dont le but est d'organiser et de structurer une communauté politique organisée et identifiée.

En repartant des origines linguistiques et pratiques liées à ce terme qui de nos jour est si banalement et couramment usité, en quoi peut-on dire actuellement que nous ne connaissons pas un système politique véritablement démocratique ?

L'objet de cet article n'est pas principalement (peut-être accessoirement y trouverez vous une pensée subversive cela dit) celui de la critique du système dans lequel nous nous situons actuellement (aucun régime, aucune idéologie, n'étant parfaite sitôt soit-elle confrontée à l'être humain qui est en soit le fondateur soit l'exécutant), mais surtout de rétablir ce que je crois être la vérité en matière d'organisation du pouvoir politique et des influences néfastes que celui-ci peut subir.
Bon nombre de nos dirigeants actuels estiment que nous sommes actuellement dans un système politique démocratique, ce que je voudrais relativiser voire démentir en fonction de mes réflexions.
Bien sûr, il est probable que vous pensiez que j'idéalise quelque peu mon propos, mais soyez certains que mon but est avant tout de mener une véritable réflexion sur le concept de démocratie, pour ensuite l'appliquer aux faits, aux évènements, aux constats de notre environnement politique.

Repartons de l'idéal de Lincoln : le peuple politique (c'est à dire l'ensemble des citoyens, les personnes jugées aptes à divers points de vue à la participation politique) est le premier et le seul impliqué dans l'organisation de la société dans son ensemble.


Le gouvernement par le Peuple


Un pouvoir politique démocratique est exercé directement par le Peuple, puisque démocratie signifie le pouvoir politique exercé par le peuple.
Il n'y a pas, ce me semble, d'alternative.
Le système actuel n'est pas en son fondement démocratique, puisqu'il consiste pour le peuple à élire des représentants qui eux seront chargés de l'élaboration des Lois régissant la vie en société sous tous ses aspects.
Dès lors qu'il existe une césure entre la Nation et les représentants dont elle se dote, de fait elle se coupe du pouvoir politique, chargeant d'autres personnes, les élites politiques si diverses et puissantes soient-elles, de le faire en leur nom par le biais d'un mandat politique.
D'aucuns parleront de démocratie participative ou bien encore représentative, sorte de systèmes bâtards dans lesquels le citoyen y trouverait son compte. Ce sont des chimères, ne serait-ce qu'au point de vue de leur présentation sémantique relevant du plus grand flou artistique. Tandis que la démocratie participative est un pléonasme (puisque la démocratie exige la participation, sous-entendue du peuple) le plus souvent utilisé à tord puisqu'il ne s'agit bien souvent que d'un outil de consultation, la démocratie représentative est quant à elle une contradiction à elle toute seule.
Pour la plupart de nos élites, nos sommes en démocratie représentative, mais cela n'est pas vrai. En effet, une démocratie exige la participation du citoyen à l'essence même du système dans lequel il se trouve. Avoir recours à un représentant constitue d'ores et déjà l'abandon de ce pouvoir au profit d'un autre dont on ne sait pas s'il partage les visions, idéologies, intérêts.
A considérer que la démocratie puisse tolérer ce type de représentation, il est cependant nécessaire que le citoyen dispose de moyen de contrôle sur son représentant, car qui dit contrôle dit pouvoir originel, et qui dit représentation dit pouvoir dérivé. Force est cependant de constater que les outils essentiels permettant aux citoyens d'obtenir de leurs dirigeants des comptes sont inexistants : le mandat impératif est interdit (permettant à la majorité de déterminer elle-même les idées, les solutions, que le représentant dont elle se dote doit mettre en oeuvre), et la technique du recall inexistante en France (pouvoir des représentés de relever le représentant de ses fonctions en cours de mandat).

Ainsi donc, la seule distinction entre dirigeants et dirigés, représentants et représentés (etc, ...) suffisent à établir dans ce contrat social non seulement l'éloignement du peuple dans la prise de décision (réservée aux seules élites, De "élit", ancien participe passé du verbe "élire", donc sans connotation péjorative aucune) mais le plus souvent, au grès du temps une fracture entre les élus et les représentés, lesquels ont tendance à ne plus se comprendre (les premiers ayant, comme l'estimait Montesquieu, irrémédiablement tendance à conforter leur pouvoir dans la durée, et ce à leur seul profit), et les crises actuelles de dettes souveraines nous illustrent parfaitement ce phénomène : les représentants ont contractés des dettes colossales sans jamais obtenir l'aval de la Nation sur le fondement même de ce système de financement des politiques publiques.

Alors que la démocratie véritable unifie le citoyen et le collectif auquel il appartient par le biais du gouvernement direct de l'ensemble des uns dans l'ensemble qu'ils constituent, la démocratie envisagée dans le prisme intellectuel ayant majoritairement cours actuellement fait la distinction permanente entre ceux qui exercent le pouvoir politique (les élus) et ceux qui les nomme (le peuple), partition se faisant à la claire défaveur de ces-derniers au point de vue de la répartition équitable du pouvoir politique.

Pour mieux qualifier le système, je préfère donc parler d'un système Aristocratique (encore que la définition de "meilleurs" prête ici à débat) de représentation populaire à tendance libérale. Mais pas du tout de démocratie, quelle qu'en fut la forme réelle ou supposée. Bien évidemment ce système a ses avantages et ses inconvénients.


Le gouvernement pour le Peuple


Etant donné que théoriquement le peuple exerce lui-même (et lui seul !) le pouvoir politique, il va sans dire qu'il est en tant que tel animé par la satisfaction de son intérêt et de sa volonté propre, en tant que corps social déterminé et conscient.
Le soucis de l'intérêt général est donc une composante nécessaire de tout système politique réellement démocratique.

Il va sans dire qu'actuellement cet intérêt général est menacé, sans même développer (tout juste en évoquant) les problèmes actuels de lobbying et autres intérêts privés pourvus de pouvoirs importants. Nos gouvernants semblent actuellement bien plus sensibles à ces pouvoirs occultes et parallèles plutôt qu'à l'intérêt de la Nation dont ils ont la charge de la gouvernance.

En effet, le libéralisme politique (et économique) dont l'essor a été considérable au XVIII° siècle, et dont les canons sont encore aujourd'hui prépondérants dans nos systèmes de pensée a favorisé le développement d'une attitude des plus néfastes à l'encontre de l'idée d'intérêt commun : l'individualisme (qui réside dans un affranchissement de certaines structures basée sur la communauté au profit d'un recentrage sur l'individu, privilégié vis-à-vis des valeurs du, groupe social auquel il appartient).

Cet individualisme a considérablement modifié l'ensemble de nos modes de penser et d'envisager le monde, et la politique ne fait pas exception à la règle. En effet la participation du peuple au fonctionnement du système politique se solde par un croissant désintérêt des intérêts communs et propres au groupe au profit des intérêts personnels relatifs à la situation de chaque individu.
La démocratie ne peut se passer de l'intérêt du groupe puisqu'elle ne vit réellement qu'au travers de ce-dernier.

Les ersatz de démocratie que l'on tente de nous faire considérer comme la Démocratie, résultant d'une idéologie libérale et individualiste, sont toujours plus orientés vers une guerre d'intérêts contradictoires qu'il faut concilier, en tenant de moins en moins compte du collectif. En atteste les incessantes guerres partisanes et stériles qui constituent quotidiennement la scène médiatico-politique.
La confusion entre individu et collectif participe d'ailleurs de cette évolution.

Le collectif à même de développer l'idée de démocratie ne répond pas à une terminologie précise mais doit se doter d'une identité propre fondée sur des normes sociales précises et communes et non uniquement sur des normes purement juridiques et parfois fictives. Interviennent alors la tradition, la culture, le langage, la religion, qui forment un bouillon commun formant à terme une communauté politique, que l'on a coutume en Europe d'appeler Nation ou encore Patrie (se dotant d'un Etat, personnification morale de ces concepts, contre lequel le libéralisme reste opposé par principe) , et qui fonde la base de la démocratie (bien que celle-ci soit soit de loin antérieure) mais également des libertés fondamentales qui n'ont en elles-mêmes rien de contradictoire avec le collectif si elles sont des libertés d'exercice commun lié à la politique et non des libertés purement individuelles uniquement analysées dans le cadre de la personne.

Les libertés politiques nécessaires à l'exercice de la démocratie sont devenues par l'idéologie libérale des libertés juridiques et économiques privilégiant l'intérêt personnel à l'intérêt du groupe, d'où une atteinte à la démocratie qui trouve son coeur même (le peuple, la Nation) touché. Ceci laisse la porte ouvertes à toutes sortes d'autres dérives plus concrètes empêchant le déroulement démocratique de l'action publique.


Autres constats de l'anti-démocratie


Comme déjà évoqué plus haut, la seule véritable démocratie qui existe s'exerce donc directement au sein d'un groupe identifié et homogène.
Ainsi, la mondialisation - et ce à plus d'un titre - est une autre menace contre l'exercice démocratique du pouvoir politique.

En effet, la mondialisation provoque un élargissement croissant des sphères de relations humaines, or une démocratie, du fait qu'elle requiert l'exercice direct de la décision de chaque citoyen (après débats cela va sans dire), ne peut s'exercer raisonnablement que dans une petite sphère commune de coexistence entre les hommes qui la pratique.

Ajoutons à cela que la mondialisation participe d'un effet englobant qui a pour conséquence d'augmenter considérablement les sphères d'influence, lesquelles disposent de leviers de pouvoirs importants mais déconnectés à la fois de la volonté des peuples et de leurs intérêts propres. Cet article nous en donne une illustration tout à la fois pertinente et récente.

Un autre effet de la mondialisation, probablement le plus grave, réside dans la déconstruction lente et délibérée des structures à même de garantir libertés politiques et Démocratie. L'idée Nationale n'a jamais été autant décriée, et ses prérogatives jamais été autant foulées au pied. Ces structures qui ont pour but de tenter de garantir au peuple des prérogatives minimales sur son devenir sont remises en question par la mondialisation, et l'on évoque de plus en plus les mythes de la gouvernance mondiale dont l'Union Européenne est l'une des manifestations (bien que l'idée d'origine fut intéressante).

Cette mondialisation déconstruit peu à peu les différences entre les hommes, les peuples, les cultures, garantissant par cette différence entre chacun les spécificités à même de restreindre les sphères sociales à la taille la plus appropriée à l'exercice de la démocratie (qui ne peut être réelle qu'à un échelon relativement succinct) imposant à chacun d'entre nous, chaque jour un peu plus, le système unique, mondial et abrutissant de consommation de masse sous couvert d'une apparente multitude. L'élaboration d'une culture mondiale est sans doute la manière la plus appropriée (et la plus sournoise) d'imposer facilement à toutes et à tous un système global mais certainement pas garant du respect du pouvoir dont ils sont titulaires en tant que composant d'un groupe (lequel est chaque jour déconstruit), et ce parfaitement à son insu. En sommes : "englober pour mieux régner".

L'on pourra toujours estimer que cette analyse est fausse, que jamais l'humain n'a connu pareille jouissance de la vie et des plaisirs dont celle-ci est composée, que son choix est pris en compte. Mais les diverses origines de ces plaisirs éphémères (à supposer que tous puissent en bénéficier, et Dieu sait que loin s'en faut) ne se soucient que de l'entretien continu de l'illusion du pouvoir, mais non la garantie du pouvoir en lui-même, et Alexis de Tocqueville dans "De la Démocratie en Amérique" l'avait d'une manière aussi visionnaire qu'inquiétante déjà explicité :

"L'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde (...) : Je vois une foule innombrable d’hommes, semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart et comme étranger à la destinée de tous les autres ; ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas : il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche au contraire qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir ; il travaille volontiers à leur bonheur, mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, (...) ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre".

Quelle synthèse plus brillante à la situation actuelle que nous connaissons ?


Pour conclure


Je pense avoir bien résumé ma façon de voir les choses et avoir assez clairement expliqué le fond de ma pensée sur le sujet de la démocratie.
Il me revient cependant de conclure sur une note encore moins optimiste : non seulement il me semble que le monde que nous connaissons ne va pas dans le sens d'une plus grande démocratie, mais de plus il apparaît que le système politique démocratique tel que je l'ai défini (à l'encontre des systèmes actuels qui n'en sont qu'une pâle et inefficace copie) reste utopique, les conditions nécessaires à son existence étant nombreuses et complexes (petites communautés homogènes d'individus fondée sur une identité propre, une autorité morale importante et une conscience de groupe basée sur une solidarité mécanique).

Il est donc probablement plus raisonnable de renoncer à des prétentions de démocrate dogmatique, lesquelles voguent probablement en d'autres temps et d'autres lieux, pour se poser la question de la forme du pouvoir actuel, mais surtout des véritables sources d'icelui, pour illégitimes qu'elles soient, afin de mieux les dénoncer, et peut-être même de mieux les démolir.


Rémi Decombe.